Dans le cadre du renforcement de la mobilisation des recettes fiscales intérieures, la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Bénin a intensifié en 2025 ses dispositifs de contrôle et de suivi des obligations déclaratives des contribuables. Cette dynamique s'inscrit dans la continuité des réformes engagées par le gouvernement béninois au titre du Programme d'Actions du Gouvernement (PAG 2021-2026) et des engagements pris dans le cadre de la surveillance multilatérale de l'UEMOA. **Cadre réglementaire de référence** Les obligations déclaratives des entreprises au Bénin sont régies principalement par le Code Général des Impôts (CGI) du Bénin, tel que révisé par les lois de finances successives, notamment la Loi de Finances 2025. Ce dispositif est complété par la Directive n°02/2010/CM/UEMOA relative à la TVA au sein de l'espace communautaire et par la Directive n°08/2008/CM/UEMOA portant harmonisation des législations fiscales des États membres. À l'échelle OHADA, les entreprises restent soumises aux obligations comptables de l'Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l'Information Financière (AUDCIF), révisé en 2017, qui constitue le socle de la production des états financiers servant de base aux déclarations fiscales. **Principales échéances déclaratives 2025** Les cabinets doivent veiller au respect des délais suivants pour leurs clients assujettis : la déclaration annuelle des résultats (BIC/BNC) au titre de l'exercice 2024 devait être déposée avant le 30 avril 2025 ; les déclarations mensuelles de TVA restent exigibles le 15 de chaque mois suivant la période imposable ; la déclaration de la patente et autres taxes professionnelles demeure due en début d'exercice. La DGID a par ailleurs renforcé l'obligation de télédéclaration via la plateforme e-Tax pour les entreprises relevant du régime du réel normal, rendant toute déclaration papier irrecevable pour cette catégorie de contribuables. **Implications pratiques pour les cabinets** Face à ce renforcement normatif, les cabinets d'audit et d'expertise comptable sont en première ligne. Plusieurs points d'attention méritent une vigilance accrue. Premièrement, la réconciliation des données comptables SYSCOHADA avec les bases fiscales déclarées doit être rigoureusement documentée, notamment en matière de déductibilité des charges et de retraitements des amortissements fiscaux. Deuxièmement, le contrôle des prix de transfert, bien que naissant au Bénin, fait l'objet d'une attention croissante de l'administration dans le cadre des échanges automatiques d'informations BEPS/OCDE auxquels le pays adhère progressivement. Troisièmement, les cabinets accompagnant des filiales de groupes régionaux doivent s'assurer de la conformité aux règles de rapatriement et de déclaration des flux financiers transfrontaliers, en lien avec la réglementation des changes de la BCEAO. **Risques et sanctions** Le CGI Bénin prévoit des majorations pouvant atteindre 100% des droits éludés en cas de manquement délibéré, auxquelles s'ajoutent des intérêts de retard de 1,5% par mois. La DGID dispose désormais d'outils d'analyse de données renforcés permettant des recoupements systématiques entre les déclarations fiscales, les états financiers déposés à la CRIET et les données douanières. **Recommandation aux praticiens** Il est fortement conseillé aux cabinets d'effectuer, dès le second semestre 2025, un audit de conformité fiscal préventif (tax health check) pour les clients présentant des profils à risque élevé, et de documenter rigoureusement les dossiers en anticipation des éventuels contrôles fiscaux.