Dans le cadre de la modernisation de son administration fiscale et douanière, le Bénin a significativement renforcé en 2025 son arsenal réglementaire en matière d'obligations déclaratives, plaçant les cabinets d'audit et d'expertise comptable au cœur d'un dispositif de conformité plus exigeant. **Contexte réglementaire** Le Code Général des Impôts (CGI) du Bénin, tel que modifié par la Loi de Finances 2025, introduit plusieurs innovations majeures. L'article 1023 du CGI révisé élargit le champ des contribuables assujettis à la déclaration électronique obligatoire via la plateforme e-Tax, incluant désormais les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 50 millions de FCFA. Cette mesure s'inscrit dans la continuité de la Directive n°07/2001/CM/UEMOA relative à l'harmonisation de la fiscalité des entreprises au sein de l'espace UEMOA, transposée progressivement dans le droit interne béninois. Par ailleurs, la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) a renforcé les obligations de déclaration en valeur transactionnelle conformément à l'Accord sur l'évaluation en douane de l'OMC, intégré dans le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO. Les entreprises importatrices doivent désormais fournir une documentation exhaustive justifiant la valeur déclarée, sous peine de redressement automatique. **Implications pratiques pour les cabinets** Les cabinets d'audit et d'expertise comptable doivent adapter leurs diligences sur plusieurs axes fondamentaux. En matière de TVA, le délai de dépôt de la déclaration mensuelle reste fixé au 15 du mois suivant, mais la tolérance accordée en cas de retard a été supprimée, les pénalités prévues à l'article 1122 du CGI s'appliquant désormais dès le premier jour de retard, soit 10 % du montant dû majorés de 1 % par mois supplémentaire. S'agissant de l'impôt sur les sociétés régi par les articles 36 à 89 du CGI, la liasse fiscale doit désormais être déposée en format dématérialisé accompagnée des états financiers établis conformément au Système Comptable OHADA (SYSCOHADA révisé 2018), dont les référentiels restent alignés sur les normes IFRS pour les grandes entités. Les commissaires aux comptes et experts-comptables engagent leur responsabilité professionnelle sur la cohérence entre les déclarations fiscales et les états financiers certifiés. Du côté douanier, la Directive CEDEAO sur la facilitation des échanges (Règlement C/REG.3/05/21) impose aux opérateurs agréés OEA (Opérateur Économique Agréé) de maintenir une comptabilité matières certifiée annuellement, ouvrant un nouveau marché de missions spécifiques pour les cabinets. **Recommandations pour les praticiens** Les experts-comptables et auditeurs doivent intégrer dans leurs lettres de mission une revue systématique de la conformité déclarative fiscale et douanière. Il est recommandé de mettre en place des outils de veille sur les circulaires de la DGI Bénin et les avis de la Commission de l'UEMOA, de former les équipes aux spécificités de la plateforme e-Tax et de documenter rigoureusement les dossiers de prix de transfert conformément à l'article 689 bis du CGI, désormais applicable aux transactions intragroupe dépassant 500 millions de FCFA. La conformité fiscale et douanière constitue en 2025 un vecteur stratégique de création de valeur pour les cabinets positionnés sur l'accompagnement des entreprises béninoises et des filiales de groupes internationaux opérant dans la sous-région.